Notre association Amel France fait partie du mouvement Amel International, issu de l’ONG libanaise Amel. Nous entretenons avec Amel Liban des liens étroits depuis 2015.
Consultez l’appel d’urgence d’Amel International
Le 2 mars 2026, Amel International a activé son plan d’intervention d’urgence et a déclaré l’état d’urgence dans l’ensemble de ses centres de santé à travers le pays.
Consultez le document d’appel d’urgence en cliquant ici ou sur l’image à droite.
Voici un texte, écrit en mars 2026 par notre président d’honneur Alain Dontaine, qui vous apportera plus de détails sur Amel Liban.
Pauvre Liban,
Un pays qui n’est pas en guerre mais qui est bombardé plusieurs fois par semaine depuis des mois et maintenant quotidiennement et pas seulement à proximité de la frontière israélienne. Un pays où des gens meurent sous les bombes selon le bon vouloir du voisin israélien qui décide de qui est membre du Hezbollah et qui ne l’eest pas. Un pays survolé en permanence depuis des mois par les drônes israéliens, façon de dire « on vous surveille, on frappe qui on veut, où on veut et quand on veut, tenez vous tranquille et courbez l’échine ». Un pays où cette menace permanente pèse aussi sur les casques bleus de la FINUL. Un pays d’à peu près 6 millions d’habitants (le dernier recensement remonte à plusieurs dizaines d’années) avec 2 millions de réfugiés syriens (chiffres approximatifs là aussi) et aussi 200 000 réfugiés palestiniens, (là non plus, pas de statistiques très précises) qui sont là, eux depuis plusieurs dizaines d’années. Un pays où le taux de pauvreté est extrêmement élevé, après l’explosion dans le port, la dévaluation de la livre suite à une inflation très élevée, la guerre de 2024 dont les accords de cessez le feu n’ont jamais été respectés par Netanyahou. Un pays où 78 % de la population serait en dessous du seuil de pauvreté, et où seule une toute petite proportion de la population est extrêmement riche. Un pays étrange aussi dans la mesure où il y a certes un État mais un État incapable d’assumer sa fonction d’État social/providence, c’est-à-dire d’offrir une protection sociale à sa population. Un État incapable de prélever l’impôt dans de bonnes conditions. Un État qui ne peut dès lors que se limiter à quelques fonctions régaliennes.

C’est cette situation qui fait la raison d’être de Amel. Notre ONG tente de pallier le manque de structures étatiques dans le domaine de la santé, de l’éducation et de l’aide pour tous les habitants, y compris réfugiés et migrants. C’est ainsi que Amel a 40 centres de santé et de protection dans la totalité du Liban. Il s’agit de centres de santé, de centres d’action sociale, éducative, de formation, de soutien, … Bien sûr, on y trouve la médecine générale, mais aussi des soins gynécologiques, ophtalmologiques, de la dentisterie, des pédiatres, et même des podologues, psychologues, psychiatres qui délivrent tous des prescriptions. Dans les centres se trouvent aussi des pharmacies qui délivrent les médicaments correspondants à ces prescriptions. Certains médicaments sont donnés gratuitement aux plus pauvres, d’autres sont payants, mais à un prix extrêmement modique, souvent de l’ordre de un à deux dollars au maximum. L’action sociale se déroule également dans ses centres, quelquefois dans le même centre de santé, quelquefois dans un centre à proximité. On y pratique de la protection contre les violences de genre, en faveur des femmes, des LGBT mais on fait aussi du soutien scolaire le soir pour les enfants, soit scolarisés en difficulté, soit enfants non scolarisés qui, avec un système de maraude, sont suivis avec l’objectif de les ramener petit à petit dans le système scolaire, objectif souvent atteint. C’est ainsi que Amel suit plus de 10 000 enfants scolarisés. Au total, c’est plus de 220 000 patients qui sont suivis régulièrement par les centres de santé ou par les équipes mobiles qui vont dans les quartiers les plus pauvres, les camps de palestiniens ou de syriens. Et encore des milliers de personnes qui suivent les cours du soir dont des femmes dans le cadre des programmes d’autonomisation de celles-ci.
Face aux bombardements israéliens la résilience de la population force le respect car le premier réflexe est toujours de revenir sur les lieux de l’habitation et de s’y réinstaller. L’attachement à la terre est une caractéristique de ces populations aussi bien libanaise que palestinienne. Israël l’a bien compris et pour l’empêcher a déjà totalement rasé plus de 30 villages dans le sud. Et personne ne compte sur Israël pour payer le coup exorbitant de ces destructions, ce qui pourtant devrait être le cas.
Sur le plan humain, la guerre de 2024 a fait plus de 3 000 morts et 14 000 blessés sur le plan matériel et la Banque mondiale a produit une estimation fin 2024 de 6,8 milliards de dollars à laquelle s’ajoute un coût économique du fait de la guerre de plus de 7 milliards. C’est aujourd’hui un millions de déplacés internes et des centaines de personnes tuées dont des femmes et des enfants. Des milliers de logements détruits, des infrastructures en cendre, des sols pollués avec entre autre l’utilisation de bombes à phosphore blanc… mais la vie continue au Liban. Comme à Gaza les journalistes, les service de secours et autre personnels infirmiers ont été visés et ont payé un lourd tribut. Le Liban, plus que jamais, a besoin de la solidarité internationale.











